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Articles/critiques de presse - Infréquentable
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Bénabar Dis-lui oui Index du Forum -> Bénabar -> Bénabar : discographie -> Infréquentable (2008)
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annie


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MessagePosté le: Sam 11 Oct - 10:03 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

Magazine LE TEMPS (Suisse) du 11 10 08


Un Bénabar recommandable

Cinquième album en douze ans du titi au bagout qui se fait plus psy que persifleur.

Olivier Horner
Samedi 11 octobre 2008

C'est ce que l'on avait perçu comme un disque de transition qui a fait exploser Bénabar commercialement. Voilà trois ans, Reprise des négociations (écoulé à près d'un million et demi de copies et tournée triomphale à la clé) amorçait pourtant des cadrages moins gouailleurs. L'écriture du titi français au bagout chanté jamais pris en défaut, grâce à un irrésistible sens de l'(auto)dérision et une gouaille persifleuse parfois hilarante (les tubes «Y'a une fille qui habite chez moi», «Le Vélo»), s'affinait.

La mue passait par l'abandon progressif de ces chansons-saynètes qui risquaient de devenir un facile fonds de commerce. Plus réussi que Reprise des négociations et plus proche dans l'esprit des Risques du métier (2003), Infréquentable s'avère aujourd'hui presque bon sous tout rapport. Aussi bon que le chanteur s'y dévoile d'une solide humanité. Ce cinquième album du bientôt quadragénaire, comme il le rappelle dans une chanson mélancolique d'une touchante modestie sur la postérité («Malgré tout»), s'appuie ainsi différemment et plus subtilement sur son talent d'observateur des psychologies et mœurs humaines. Le comique de situation a fait place aux évocations des faux-semblants (sauf «A la campagne» peut-être qui rappelle «Bon anniversaire» et «L'itinéraire»), des vanités crasses («Tout vu, tout lu»).

Les affres du quotidien revêtent une portée inédite («L'effet papillon» en tête), avec voiles de mélancolie et intimisme climatique; s'attachant à l'amour, ses frustrations tues ou ses mesquineries. Partitions variées (forro, swing ou canzonetta), humour moins potache font d'Infréquentable un disque de bonne tenue malgré quelques grosses ficelles. Un exploit pour une «nouvelle scène» où le débat peine à s'élever.


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adrienar
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MessagePosté le: Sam 11 Oct - 12:18 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

Bénabar : Infréquentable : Article fréquence sud
( envoyé par kiki )

Ca y est c’est officiel, Bénabar est « infréquentable » ! Que ses fans se rassurent, ce trait de caractère n’est rien d’autre que son nouvel album qui sortira le 13 octobre prochain. Fréquence-sud a eu le privilège d’écouter en avant-première son dernier album franchement différent des autres.

C’est dans le cadre idyllique du Cercle des Nageurs qu’était conviée une petite centaine de privilégiés ce vendredi 3 octobre pour écouter le nouvel album de Bénabar et rencontrer l’artiste. Après une heure d’écoute très attentive, Bénabar fait son apparition, un peu hésitant au début, appréhendant peut-être les réactions face à sa dernière œuvre.

Mais très vite l’artiste semble plus à l’aise et le public aussi. Les questions ne s’arrêtent pas. Son inspiration ? Tout ce qui se passe autour de lui. Sa journée type ? Caviar au pti’déj, filles dans son lit et grosse voiture. Bien sûr tout n’est pas à prendre au premier degré avec Bénabar ! Mais les compliments pour l’artiste ne cessent et ce que l’on retiendra : son humour et son accessibilité !

Au final ce dernier album a conquis l’audience. Peut-être plus sérieux que les précèdents, ces 12 pistes ont demandé trois années de travail à l’artiste. Un univers un soupçon plus sombre où la dépression, la jalousie, les histoires de mec et la solitude sont passés en revue. Mais les fans ne devraient pas être déçus, Muriel, l’héroïne de « Dis lui oui » refait son apparition dans la chanson « Allez ». Petit coup de cœur pour la chanson « Infréquentable » qui prend à contre-pieds l’amour et ses grands clichés.

Qu’on se rassure, l’ironie fait toujours partie de ces histoires qu’on ne se lasse pas d’écouter avec attention, mais une chose est sûre, l’auteur compositeur et interprète a voulu prendre un nouveau tournant.

En attendant sa sortie, le premier single « l’effet papillon » déjà en écoute en radio vous donnera un avant goût de cet album.

Pauline V
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Bénabar artiste du mois :topic stéphanie
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Nagib


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MessagePosté le: Sam 11 Oct - 13:16 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

Avis de la Fnac sur "Infréquentable"
Infréquentable ? De tous les sentiers de randonnée qu’offre la chanson, ceux de Bénabar sont parmi les plus fréquentés. Ce nouvel album a de quoi réjouir ! Bénabar poursuit l’évolution amorcée avec Reprise des négociations ; la mène plus loin ; va où elle veut aller. Ose. Surprend. Bénabar ne fait pas du Bénabar. Il aurait pu faire d’un de son style un procédé. Pas lui. Pas envie. Il a écrit ses chansons dans son coin, comme d’habitude, puis a changé d’habitudes. A commencer par les choix de production. Jusqu’ici, il abordait ses chansons au piano. « J’avais mes repères, mes cycles d’accords… » Cette fois, c’est sur une guitare que les petites nouvelles ont pris naissance. Puis, aux arrangeurs Jean-François Berger et Fabrice Ravel Chapuis, déjà compères de studio lors de la dernière session, s’est joint François Delabrière. Il a mixé le précédent album de Bénabar, réalisé ceux de Kyo et de Daniel Darc, entre autres. C’est un producteur à l’anglaise. Il a des sons dans la tête - il entend les cordes à Londres. Alors ça va pop, cette pop légère et allurée des années 60, affirmant ici l’éclat classieux de ses cuivres, une élégance crâne à la Nino Ferrer, une joie mélancolique de canzonetta italienne. C’est une musique de variétés, terme toujours revendiqué par Bénabar alors qu’il a longtemps suscité la réprobation du milieu musical. Nouvelles chroniques de l’humain contemporain - ses beautés, ses bêtises, sa solitude. Nouvelles chansons de Bénabar - où l’on voit l’ours danser sur un volcan. Et le chanteur se mettre en danger, se remettre en question. Ce n’est pas si fréquent.


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annie


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MessagePosté le: Dim 12 Oct - 11:34 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

LE MATIN (Suisse) - 12 10 08

Bénabar: «Plus on me critique, plus j'existe»

Sur son «Infréquentable», le chanteur populaire - et fier de l'être - semble avoir gagné en maturité. Même s'il ne s'est pas départi de son humour ravageur. Coup de fil

Karine Vouillamoz - le 11 octobre 2008, 18h24
Le Matin Dimanche



Ses deux précédents albums se sont écoulés à plus d'un million et demi d'exemplaires. Forcément, ça fait des jaloux. Mais Bénabar n'en a cure. Lui, il pense chanson, musique, public. Et se fait donc plus populaire que jamais avec cet «Infréquentable», son tout nouvel album. Diversité instrumentale (flûte de Pan, guitares, choeurs masculins), textes finement ciselés, humour ravageur, Bénabar peaufine encore sa recette miracle. En pleine course promotionnelle, il confesse à l'autre bout du fil: «C'est la grande tournée des popotes qui commence, mais ce n'est pas désagréable. Comme je le dis tout le temps, c'est mon sujet préféré!»

En quoi êtes-vous «Infréquentable» ?
Pour plein de raisons, mais pour être franc, je ne pense pas l'être complètement. Parfois. Surtout dans les moments de déprime, je suis très ennuyeux, très chiant. Je suis plutôt de bonne compagnie mais je suis aussi très nerveux et inquiet. Ça peut créer une ambiance très délétère.

Il y a beaucoup de choeurs masculins dans cet album, et tous vos musiciens sont des hommes; c'est mieux entre hommes ?
Non, je ne pense pas. Je dois reconnaître que sur scène, il n'y a pas de filles mais ce n'est pas un choix sexiste. Ce n'est ni bien ni pas bien. Si l'idée se présentait, je prendrais une fille pour qu'il y ait une forme de parité. Mais je ne refuse pas du tout de travailler avec des femmes.

Vous dites ne pas vous sentir engagé, pourtant le titre «L'effet papillon» l'est plutôt, non ?
C'est quelque chose que j'essaie de faire: être concerné, avoir un avis sur ce qui m'entoure, ne pas être dans ma tour d'ivoire de chanteur qui vit confortablement. J'ai mes opinions mais je ne vais pas emmerder tout le monde avec ça.

Vous faites preuve d'autodérision; vous avez besoin de nous faire comprendre que vous ne vous prenez pas au sérieux ?
Oui, c'est vrai. C'est important d'avoir un peu de recul, surtout quand on a la chance de faire un métier comme le mien, de très bien gagner sa vie. Pour sa santé mentale, il faut remettre chaque chose à sa place. Ça permet aussi d'installer une complicité avec les gens qui n'est pas feinte, en leur disant: «Ouais, je sais que j'ai beaucoup de chance, je ne mérite pas forcément toute l'attention que vous voulez bien me prêter.»

Vous évoquez en chanson vos presque 40 ans. C'est un cap pour vous ?
La fuite du temps, c'est effrayant. On perd des êtres chers et tout disparaît. Mais le fait de vieillir, c'est quelque chose que je prends avec philosophie et plaisir. C'est bon que les mômes grandissent et que les papas vieillissent.

Surtout quand les papas ont toujours une tête de jeune homme...
Oui, mais il y a un jour où ça va changer! Avec la quarantaine, je commence à perdre mes cheveux. Mon physique va bientôt ressembler à mon âge.

Vous êtes coquet ?
Je le deviens de plus en plus. Je commence à faire gaffe car les filles me regardent de moins en moins. C'est une expérience très traumatisante dans mon cas. Je suis resté très simple dans mon apparence mais quand je regarde mes cheveux, ma calvitie naissante me travaille beaucoup...

Chanteur populaire, c'est un terme qui vous convient ?
J'espère pouvoir y prétendre un jour mais c'est le public qui choisira. Chanteur populaire, dans le sens qui chante pour tout le monde, oui, j'y crois.

C'est ce que beaucoup ne vous pardonnent pas aujourd'hui, et vous attaquent de toutes parts...
Je suis très susceptible mais ça fait partie du jeu. J'essaie d'être honnête avec moi-même. Si j'accepte qu'on vienne m'applaudir à Bercy ou qu'on achète mon disque, je suis obligé d'accepter les critiques. Je comprends que j'exaspère certaines personnes. Mais je me félicite de voir que je n'exaspère pas trop de monde.

Certaines critiques sont pourtant très virulentes...
J'ai souvent cherché à ne pas être consensuel, donc ça fait partie du jeu. Je suis conscient d'être privilégié, d'avoir été soutenu par la presse. Même quand les critiques m'attristent ou m'énervent, je m'efforce de tempérer. Je suis plutôt du côté des chanceux. Je constate que les vraies critiques ne sont par chance pas très nombreuses.

Y a-t-il de vraies amitiés dans le métier ?
Nombreuses! Je peux donner l'impression d'être isolé mais j'ai beaucoup d'amis dans le métier. Je fréquente beaucoup le show-biz, comme on dit, pas dans les boîtes de nuit mais plutôt au restaurant, chez les uns ou chez les autres. Ça va plutôt pas mal. Et très cyniquement, plus on me critique et plus j'existe.

Si ça devait ne plus marcher, que feriez-vous ?
J'aimerais pouvoir vous dire que je prendrais la chose avec recul et philosophie mais je le vivrais extrêmement mal. Même si on est de grands garçons, on ne peut s'empêcher de faire l'amalgame entre ce que le public pense de votre album et ce qu'il pense de vous.

Vous chantez donc pour être aimé ?
Au fond, je pense que oui. J'ai pas mal réussi mon coup, non?

Il n'est pas si «Infréquentable» que ça!

«Avec cet album, j'ai essayé d'innover, de ne pas entrer dans la facilité. Ça reste écrit par mes soins, donc très cousin de ce que j'ai fait avant, mais j'ai tenté de ne pas faire du Bénabar, de ne pas m'auto-parodier», raconte le chanteur au sujet de la production de cet «Infréquentable». Alors oui, ça reste du Bénabar, on le reconnaît au détour de toutes les chansons. Mais la production musicale s'est diversifiée - la guitare a remplacé le piano - et, dans le fond, il rigole moins, le Bénabar, quand il évoque le réchauffement climatique dans «L'effet papillon» ou la dépression avec «Allez!»: «Au niveau de la dynamique, c'est pas la Compagnie Créole/Faut pas t'laisser aller, j'te signale qu't'es en peignoir, vautré sur la banquette/C'est normal qu'à 18 h, Muriel s'inquiète», chante-il.

Mais il n'en oublie pas pour autant son humour, comme sur ce titre, «Pas du tout», composé par Louis Chedid. «J'ai des raisons d'être fier de ma chanson, elle est super!» s'exclame-t-il alors qu'on lui répond en chorale «Pas du tout!». Parmi les très belles trouvailles de cet album, il y a «Voir sans être vu», magnifiquement orchestrée, ou l'enjoué «Infréquentable», où il chante avec délices: «Je t'aime mais en pensant à mal/Parce que tout passe et tout finit sans la moindre morale/Prêt à tout pour que tu m'aimes aussi.» Il y a beaucoup de pop sixties dans cet «Infréquentable», un petit air à la Nino Ferrer. Qui sied à merveille à ce garçon finalement très fréquentable.


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annie


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MessagePosté le: Dim 12 Oct - 13:29 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

2ème article de la journée : LA MARSEILLAISE (France) - 12 10 08

Bénabar reprend la barre



Cet album comme les autres me ressemble, alors bien sûr, c'est moi, avec mes qualités et mes défauts. Photo: MLTChanson. Son 5e album, Infréquentable, sera demain dans les bacs. Rencontre avec un des rares artistes qui allie exigence, simplicité et popularité

Cercle des nageurs des Catalans, à Marseille, la semaine dernière : engagé volontaire dans un marathon promo en prélude à la sortie de son 5e album, le mal-nommé Infréquentable, successeur attendu d’une Reprise des négociations qui avait atteint la barre très rare des 1,3 million d’exemplaires, Bénabar s’est prêté de bonne grâce au jeu de l’interview pour La Marseillaise.

PRESSION. « La pression commerciale et médiatique existe, bien sûr, mais ce qui importe le plus, c’est de ne pas décevoir, de continuer à toucher les gens. S’il le faut, ça ne va pas leur plaire… Attention, je ne fais pas ma coquette, je sais à quel point je suis un privilégié, je sais que beaucoup seront de nouveau au rendez-vous pour les concerts, et que je retrouverai la scène et tant pis si ça n’est pas Bercy à chaque fois. Mais je ne veux pas être serein… »

CHANGEMENT. « Cet album, comme les autres, me ressemble, alors bien sûr, c’est moi, avec mes qualités et mes défauts ; ceux qui ne m’aimaient pas avant ne vont pas tout d’un coup être surpris… Mais il a quand même été, pour la première fois, maquetté à la guitare, de manière naturelle et spontanée, et François Delabrière, qui a travaillé avec Daniel Darc ou Marc Lavoine, l’a entièrement réalisé, alors qu’il n’avait assuré que le mix du précédent. Et puis on a voulu enregistrer les cordes à Londres… Des petites choses comme ça qui font que je crois avoir doucement évolué. »

INFREQUENTABLE ? « Avec cette chanson, qui a donné son nom à l’album, je n’avais pas envie de "casser mon image" de gars gentil, qui fait de la chanson populaire, je crois que les gens y voient clair dans mon petit jeu… Il fallait trouver un titre un peu percutant, un peu étonnant, et celui-là permettait un peu de prendre du recul par rapport au fait d’être chanteur, une légère autodérision. »

SUR SCENE. « Je reste avec la même bande de copains, on ajoutera une guitare, même si ça ne sera pas rock pour autant… Et y’aura toujours des cuivres et de l’accordéon, désolé pour ceux qui n’aiment pas… (rires) Pour le reste, tout reste à faire, on a fait des petits schémas dans le train en venant, mais ça reste très flou. De toute façon, on ne va pas imaginer un barnum, des effets spéciaux ; surprendre pour surprendre, c’est pas vraiment mon truc ».

ECRIRE POUR D’AUTRES. « Je ne suis pas très bon pour cet exercice, et même si je n’ai pas honte de la chanson Les beaux jours reviennent écrite pour Juliette Gréco, je ne sais pas, finalement, si c’était digne d’une telle dame… »

CHAPELLES. «Dès que je me sens "estampillé", j’ai tout de suite envie d’aller en sens inverse ! Alors, oui, ça peut énerver certains quand je participe à un projet avec Jenifer, MPokora ou Corneille, ou en désarçonner d’autres quand je travaille avec Bertrand Belin ou Sanseverino, mais je n’ai pas de scrupules ; c’est une connerie absurde de croire que le public ne comprendra pas. Et puis la plupart du temps, c’est dans un but caritatif, et quand on me demande de faire les Enfoirés ou de chanter une chanson pour aider des enfants en Afrique, je n’ai pas ce genre de scrupules. Quand Noah m’invite aux Enfants de la Terre, je ne demande pas qui il y aura… »

POLITIQUE. « J’ai accepté l’invitation pour le concert de soutien à Ségolène Royal au stade Charléty, et je le referai s’il le fallait, parce que c’était un concert et que je vais au bout de mes opinions ; je trouve ça désespérant d’être dépolitisé. Mais je n’aurais pas eu ma place à un meeting, mon avis reste celui d’un citoyen ; un "avis de chanteur", ça n’intéresse personne. »

CINEMA. « J’ai commencé par des scénarios pour la télé et j’ai réalisé plusieurs courts-métrages : le cinéma est évidemment quelque chose que j’adore faire, et même si la chanson a pris une place dominante, j’y reviens… Là, je viens de finir le tournage de Incognito de mon ami Eric Lavaine, avec qui on écrivait les scénarios de H pour Canal+ ; j’y ai le rôle de Luka, un petit chanteur devenu une énorme vedette avec les textes d'un ami que je crois mort. Alors quand ledit ami -Jocelyn Quivrin- revient, je demande à mon pote Franck Dubosc, qui joue un mime un peu ringard, de faire croire que la maison que j’ai est à lui, et qu’il m’héberge… Sur le papier, et d’après les images que j’ai vu, ça a l’air vraiment bien ; après on verra ce que je vaux… »

Propos recueillis par Denis Bonneville


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annie


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MessagePosté le: Lun 13 Oct - 07:09 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

ARTICLES DU 13 10 08

OUEST-FRANCE

Magazine
lundi 13 octobre 2008
Bénabar, chanteur fréquentable

Bénabar : « La variété, c'est quelque chose de très noble. »

Son cinquième album sort aujourd'hui avecun virage assumé ?vers la grande variété.
Quinze jours avant sa sortie officielle, l'album tourne en boucle dans un bistrot nantais. Le fluet Bénabar claque des bises sur les joues de groupies trentenaires, prend la pause et dédicace, avec la grâce du gaucher, album et poster. Sans chichis, il paie sa tournée de promo et cueille, sourcils interrogateurs et profil bas, les premières impressions.

Le succès de son précédent album, Reprise des négociations, vendu à plus d'un million d'exemplaires, n'a pas donné au timide Bruno Nicolini l'assurance des gagnants. Pas plus que trois tournées bien remplies de Zénith. En musique comme ailleurs, rien n'est jamais acquis.

Bénabar l'a appris à ses dépens, sous les assauts de la critique agacée par son côté raconteur du quotidien, jugé mollasson, tourne-en-rond. Difficile à encaisser. « Je suis sensible à tout ça. Et même si je suis très susceptible et égotique, je dois les accepter, ça fait partie du business. » Pour autant, Infréquentable renoue avec le même univers : des trajets en voiture, des copains déprimés, des week-ends de citadins à la campagne, de l'anti-héros décortiqué par le petit bout de la lorgnette.

Moins de cinéma, plus d'états d'âme. La quarantaine guette, ronronnante. Le virage est surtout musical : ballades-confidences (Allez!) ou galops frénétiques (La campagne, Infréquentable), les orchestrations ont pris de l'ampleur et une coloration très sixties. Il y a du Nino Ferrer (Où t'étais passé?) et du Joe Dassin (Si j'avais su) chez Bénabar...

Le chanteur assume ce tournant vers la grande variété. « L'originalité n'est pas ce qui me tient le plus à coeur. En revanche, la variété m'attire depuis toujours, c'est quelque chose de très noble, pas forcément consensuel ni racoleur. Qui, pour moi, va de Gainsbourg à Coldplay... »

En 2007, il était monté avec Cabrel et Goldman dans la Caravane des Enfoirés, habillé en cowboy. « Ça m'amuse vraiment et je respecte beaucoup ces gens-là. » Cette année, il a fait ses premiers pas d'acteur aux côtés de Franck Dubosc dans Incognito, comédie d'Eric Lavaine (sortie prévue au printemps 2009). Où il incarne un chanteur devenu star grâce aux textes d'un ami qu'il croit mort. Là non plus, pas de forfanterie, la prudence est de mise.

« Il ne suffit pas de capitaliser sur la célébrité. Il faut aussi apporter quelque chose. » Pas si infréquentable que ça, Bénabar...


Isabelle LABARRE.

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SUD-OUEST

INTERVIEW. Après l'énorme succès de « Reprise des négociations », Bénabar revient aujourd'hui avec les 12 chansons d'« Infréquentable ». Il évolue musicalement mais garde justesse et verve intactes

Dépressif de bonne humeur



Bénabar. « Je ne veux pas être donneur de leçons »

En cinq ans, il est devenu un poids lourd du métier. Bruno Bénabar est une valeur sûre et vieillit bien. Car il aime l'idée. Son dernier album évite l'écueil de la recette. Plus soignée, la dernière livraison du nostalgique amusé de Maritie et Gilbert Carpentier est une belle surprise. Plus désenchanté qu'à l'accoutumée, Bénabar y cultive toujours son regard (très) drôle sur ses contemporains, en commençant par lui. Conversation avec un gars de 39 ans qu'énerve son début de calvitie mais qui surtout en rit.

« Sud Ouest ». Comment ça va ?
Bénabar.
Plutôt super. J'aime bien la promo, même si ça se complique au fur et à mesure, qu'on se répète un peu. Mais j'en fais parce que... j'aurais tellement aimé en avoir quand j'ai commencé !

Difficiles, les débuts ?
Pas tant que ça. Je voulais faire du cinéma au départ : j'ai réalisé trois courts métrages puis travaillé à la télé, notamment scénariste sur la série « H ». Parallèlement, j'écrivais des chansons. On a commencé en duo dans les petits bars, puis avec un groupe de musiciens avec qui j'ai sorti le premier album, « Bénabar et associés ». J'écrivais déjà paroles et musique. Dès le second, j'ai eu la chance que « Bon anniversaire » et « Y'a une fille qui habite chez moi » rencontrent le public. Sont venus les deux autres au succès progressif. Une grande chance.

Faites-vous une carrière ?
Le dernier disque s'est très bien vendu : j'ai eu le sentiment d'être à un palier. Musicalement surtout, j'étais allé aux limites d'un certain style. On a donc beaucoup travaillé ces mélodies, que j'ai commencées pour la première fois à la guitare et pas au piano. Mine de rien, ça change plein de trucs. Je voulais de la belle variété pop, avec des références qui vont de Coldplay à Souchon en passant par Elton John. Bon, ça reste des chansons à moi, hein, ce n'est pas du punk !

Les cuivres toujours quand même ?
Ah ça, ce n'est pas négociable ! J'adore. Ce sont toujours les trois mêmes musiciens qui les ont faits qui seront sur scène. Je suis un peu obligé, en fait : ce sont des potes.

Côté textes, on est frappé par votre côté obscur : l'amour, le couple, la vie ne sont pas au mieux...
Je voulais faire un album très dansant, c'est con ! Ce n'était pas une volonté, une démarche claire. Je ne suis pas le gars le plus optimiste du monde, je fais plutôt partie de l'autre équipe. Dépressif de bonne humeur. Cette mélancolie n'a en tout cas rien à voir avec ma vie personnelle.

« À la campagne ». La chanson du bobo côté nature ?
Celle-là est complètement autobiographique : j'ai eu la chance de m'acheter une maison de campagne et ce sont mes impressions de citadin. Une des chansons se rapprochant le plus de ce que j'ai fait avant.

« Malgré tout ». Est-ce la suite quadragénaire de « Bon anniversaire » ?
Le temps qui passe, c'est un peu triste, mais vieillir ne me gêne pas du tout, j'aime bien.

« Pas du tout », avec Louis Chedid. Vous aimez travailler avec les autres chanteurs ?
Louis est un ami, et on a sorti la chanson en quelques heures. J'aime bien travailler avec d'autres mais, souvent, ça ne se fait pas pour plein de mauvaises raisons, le temps, notamment. Je dois faire une chanson avec La Grande Sophie depuis longtemps, avec Delpech... J'ai aimé écrire pour Juliette Gréco ou Gérard Darmon, mais je ne suis pas très content de ce que j'ai fait. Écrire un chef-d'oeuvre pour Gréco, ça aurait eu de la gueule, non ?

« L'Effet papillon. » Plutôt pile-poil en ces temps de crise...
Au-delà du constat éculé, je voulais traiter de la responsabilité de chacun, quelle que soit l'échelle. D'où ce zoom avant des grands aux petits enjeux... avec le soin de rapidement sortir des grosses conneries. Pas un seul instant je ne veux être donneur de leçons.

L'actualité, vous suivez ? La politique, vous vous engagez ?
Quand on me demande, je dis, parce que je trouve bien de le faire, mais je ne vais pas le proclamer de moi-même. Je ne serais pas allé au Zénith de Ségolène Royal, par exemple. Je peux passer une très bonne soirée avec un gars de l'UMP, même si je sais qu'à un moment donné, on va s'engueuler. Je ne peux pas passer de bonne soirée avec un mec du FN. J'aime la discussion. Je ne prétends pas avoir raison... même si je le pense sincèrement !

De jeunes artistes que vous aimez ? Des anciens que vous vénérez ?
Travis Bürki, Dorémus, Alexis HK, Loane. Et Renan, évidemment (1). Renaud, Higelin, Souchon, Joe Dassin. Et beaucoup de classique en ce moment. Et « Redemption Song », chantée par Joe Strummer, qui est la plus belle chanson du monde.

« Infréquentable » (Jive/Epic) 16 euros.
(1) Renan Luce, qu'il a souvent pris en première partie de sa précédente tournée.
chanson
Auteur : Propos recueillis par Yannick Delneste




Dernière édition par annie le Lun 13 Oct - 08:44 (2008); édité 1 fois
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annie


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MessagePosté le: Lun 13 Oct - 07:10 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

LE PARISIEN

Avec Bénabar sur la route de la promo



Pour lancer son cinquième album, l’excellent « Infréquentable », qui sort aujourd’hui, le chanteur est allé à la rencontre de la presse et de son public en province. Nous l’avons accompagné, durant deux jours, pour le voir à l’oeuvre.

Emmanuel Marolle | 13.10.2008, 07h00

«J’espère qu’on t’en met plein la vue, là ? » Bénabar fait le malin en accueillant un journaliste dans une suite luxueuse d’un grand hôtel de Strasbourg. C’est là qu’il reçoit la presse locale, en ce 6 octobre, une semaine avant la sortie de son cinquième album, « Infréquentable », disponible aujourd’hui.

En préambule, il commande une bonne vieille Kro plutôt que du champagne. Pourtant, on est loin des bistrots exigus où il a essuyé les plâtres de ses premières chansons, il y a près de quinze ans. Normal. Aujourd’hui, Bénabar est un poids lourd. Il a vendu plus d’un million d’exemplaires de son précédent album, « Reprise des négociations », porté par le tube « le Dîner », et rivalise désormais avec Johnny, Voulzy ou Cabrel. Alors forcément, on le bichonne. La télé ne fonctionne pas dans sa chambre ? La réception se met en branle pour le faire déménager, même à 2 heures du matin. Il réclame une tournée de promotion pas comme les autres ? Sa maison de disques acquiesce et débloque le budget.

A 39 ans, Bénabar, de son vrai nom Bruno Nicolini, assume son nouveau statut de chanteur populaire, mais n’oublie pas d’où il vient. Pour défendre ce nouvel album, il est allé, comme toujours, au charbon, à la rencontre de son public en province, dans quelques grandes villes dont Strasbourg lundi et Lille le lendemain. Via les médias locaux, une centaine de privilégiés ont été invités à écouter son disque en avant-première et à le rencontrer. « Ce n’est pas une façon de jouer la proximité, prévient-il. Je ne suis pas là pour acheter les suffrages du public. »

Une fan insistante

Le premier rendez-vous a lieu à la Laiterie de Strasbourg, haut lieu de concerts. Bénabar débarque vers 20 heures, alors que les gens viennent de découvrir « Infréquentable ». « Il a vraiment sa patte. Dans la mélodie, les textes, on le reconnaît en trois secondes », s’enthousiasme Caroline, 25 ans. La discussion s’engage avec l’artiste, qui enchaîne dédicaces et photos. Hélène, 15 ans, trépigne. Elle porte un tee-shirt rouge à la gloire de son idole. « J’ai entendu le Dîner à la radio et j’ai acheté ses albums. J’aime bien sa façon de parler des choses simples avec simplicité. Ce sont des moments de vie, comme sa chanson Adolescente qui me correspond bien. Dans ma chambre, j’ai collé aux murs mes phrases préférées de ses textes. »

Pendant ce temps, Bénabar est aux prises avec une fan insistante qui veut lui faire signer et ressigner des autographes, dont un « pour une copine qui ne t’aime pas ». « Je lui ai dit : Maintenant, il faut que tu te casses, nous racontera-t-il un peu plus tard dans la soirée. Comme celle de la semaine dernière à Bordeaux. Elle regrettait que je n’aie pas chanté. J’ai fini par lui lancer en rigolant : Je suis désolé de t’avoir déçue en t’accueillant avec mon album, des petits-fours et du champagne ! Elle l’a super mal pris. » Sinon, tout le monde repart content, comme Olivier, 28 ans : « Il parle de moi dans ses chansons : Quatre Murs et un toit m’a ouvert les yeux sur ma maison de famille. Dans le nouveau disque, Où t’étais passé, sur l’amitié entre mecs, est aussi bien vu. » La soirée aurait été idyllique si le marqueur utilisé pour les autographes n’avait pas fait des siennes. « Finalement, il n’était pas indélébile… »

Questions surréalistes

Quelques heures auparavant, au micro d’une radio, Bénabar s’est emporté contre un article le présentant comme un chanteur poussiéreux, voire poujadiste. A la fin de l’entretien, il a demandé à ce que ce passage soit coupé au montage. Dans sa suite strasbourgeoise, il garde cette fois son sang-froid face à un interlocuteur balançant des questions surréalistes, du genre « Est-ce l’album de la maturité ? » ou « Avez-vous une déclaration à faire sur le nouveau disque ? » On pense à un petit frère de Raphaël Mezrahi. « Un moment, j’ai cru qu’il se foutait de ma gueule », confirme le chanteur.

Tout va mieux le lendemain, à Lille, où les Nordistes sont emballés par le disque et se lâchent, alors que Bénabar apparaît plus décontracté que la veille. « Bruno, on va se marier dans quelques mois et on voulait te suggérer de faire un titre sur les plans de table… » La star note la proposition, puis évoque sa vie de famille rangée, une femme, un fils de 4 ans. « Mais je ne désespère pas de niquer en tournée ! » balance-t-il, provoquant l’hilarité générale. Catherine, 42 ans, jubile : « Que j’aie le moral ou pas, je l’écoute tout le temps. Il me fait du bien. Je me reconnais tellement dans ses chansons que j’ai l’impression qu’il vit avec nous. » Même au naturel, Bénabar en met plein la vue.


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Stéphanie


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MessagePosté le: Lun 13 Oct - 09:21 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

Bénabar éditions de l'Avenir ''Un Bénabar vraiment fréquentable''

Bénabar Le Soir ''Bénabar, un chanteur citoyen en visiteur du ''Soir''


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annie


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MessagePosté le: Lun 13 Oct - 10:54 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

DHNET (Belgique) 13 10 08

Bénabar: du changement dans la continuité

Bénabar a grandi. Ses chansons aussi

BRUXELLES Réglons l'affaire d'emblée : Bénabar n'est pas infréquentable. Que du contraire. C'est un garçon charmant, intelligent, drôle, attentif, curieux, qui doute et on va s'arrêter là parce qu'il ne faudrait pas non plus qu'il se la raconte la prochaine fois qu'on le verra. Infréquentable, donc, c'est juste le titre de son nouvel album. Un mot qu'il a choisi un peu pour faire le malin. "Je cherchais un truc un peu surprenant. Comme il y avait ma photo dessus, je me suis dit que c'était une manière de prendre un peu de recul. Mais je ne pense pas être infréquentable, je n'ai pas cette image. " Au contraire, si l'on en juge par le public (sans cesse grandissant) qui vient l'applaudir lors de chacun de ses concerts. "Il n'y a pas de véritable réflexion construite, derrière ce titre. Mais faudrait peut-être que j'invente un truc pour avoir l'air plus intelligent ", sourit-il. Ceci étant fait, on peut, maintenant, passer aux choses sérieuses...

On dit que cet album est très différent des précédents. C'est vrai à la première écoute, mais...

"Je suis d'accord avec ça. Ça me fait plaisir que tu parles de première écoute, parce que c'est ce que je voulais. Que, dans un premier temps, on se dise que des trucs ont changé, un peu comme si on changeait les meubles de place. Même si ça reste moi : la voix est mise devant, il n'y a rien d'intrépide, musicalement. Le seul truc auquel je tenais, c'est qu'il y ait une petite couleur, un peu différente. "

Une couleur un peu plus sombre ? Ces temps-ci, comment ne pas l'être ?

"Il y a un peu de ça, mais je ne me suis pas du tout dit que cet album serait un peu désabusé. Ce n'est qu'en commençant à en parler que je m'en suis rendu compte. Je m'en félicite, d'un certain point de vue : ça me prouve à moi-même que je suis sensible à ce qui se passe ."

Avec le temps qui passe, le regard sur la vie change, forcément !

"Il y a peut-être un peu moins d'innocence. Encore une fois, ce n'était pas du tout un objectif. Je n'ai pas envie de me complaire là-dedans. C'est tellement facile de faire un album triste. J'ai plutôt essayé d'éviter le pathos, la facilité dans l'émotion. "

Vous étiez un peu tristounet vous-même en l'écrivant ou bien au contraire en superforme ?

"Un peu des deux. Je trouve ça bien d'écrire sur une longue période. Là, je l'ai écrit sur deux ou trois ans. Quand on écrit un album en deux mois, tout est un peu dans le même mood. C'est une manière de travailler qui ne me va pas. Écrire sur la longueur permet de varier les thèmes, de retravailler."

L'album a, en partie, été enregistré à Londres. Un vieux phantasme ?

"Seulement les cordes. À vrai dire, je n'étais pas du tout dans ce trip-là, moi. C'est le réalisateur, qui pensait à un truc pop, à l'anglo-saxonne, qui a proposé qu'on fasse le voyage. "

Ça fait plaisir, aussi, de retrouver quelques connaissances, dans cet album. Muriel, notamment...

"Ce n'était pas voulu. C'est en écrivant la chanson, au moment de mettre en scène la copine du personnage, que j'ai cherché dans mon petit bestiaire et elle a surgi. A posteriori, quand on écoute la chanson, on se dit que ça ne pouvait être qu'elle, pas de doute ."

Dans Malgré tout, on retrouve le petit trentenaire qui désormais frôle la quarantaine et se demande s'il y aura quelqu'un pour se souvenir de lui. Ça vous taraude ?

"À vrai dire, cette chanson aurait pu être sur l'album précédent. Je l'ai retravaillée, vu que j'ai vieilli. J'allais pas tricher sur mon âge comme une vieille actrice. Ce n'est pas en tant que chanteur que ça me taraude : je n'ai pas de problème avec la postérité, parce que je ne la mérite pas. Moi, je veux être connu de mon vivant ! Disons qu'on est peu de chose, mais autant que ça se sache... "


Bénabar, Infréquentable, Sony/BMG. En concert les 18/02 à Tournai, 20/02 à l'AB et le 21/02 au Cirque Royal de Bruxelles.

Isabelle Monnart


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annie


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MessagePosté le: Lun 13 Oct - 11:34 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

LE SOIR (Belgique) - 13 10 08

Bénabar « On est tous un peu responsables… » THIERRY COLJON ET WILLIAM BOURTON


© SYLVAIN PIRAUX.

Par bien des aspects, la crise boursière indigne le chanteur. Mais il se refuse à hurler avec les loups, préférant plaider pour une réforme et un encadrement plus strict de l'économie de marché.

Les meilleures chansons de Bénabar partent souvent d'une situation de la vie quotidienne, ou de quelque chose lu dans les journaux ou entendu à la radio, dont lui seul a capté le potentiel poétique. Dimanche après-midi, quelques heures avant le concert philanthropique qu'il a donné pour Cap 48, le chanteur a effectué un crochet par la rédaction du Soir, afin de nous faire part de sa lecture singulière de l'actualité.

Sans surprise, c'est la profonde crise financière que nous traversons qui a d'abord retenu son attention. « Je me considère comme un privilégié, mais pour autant, je n'ai jamais misé un franc en Bourse, nous avoue-t-il d'emblée. Et j'en suis plutôt satisfait car, de la sorte, je ne me suis pas rendu complice de ce qui s'est passé. »

Notre invité se dit sans ambages « béotien » en sciences économiques. Mais il se tient au courant, en lisant la presse ; il cherche à comprendre, en citoyen responsable. « Une partie du problème provient du fait que les banques ne veulent plus se prêter de l'argent entre elles, commente-t-il. C'est incroyable. C'est un peu comme si un cuisinier refusait de consommer ce qu'il a préparé ! On a pu parfois avoir l'impression que cette crise se jouait dans un monde irréel… mais ses conséquences commencent à toucher la sphère réelle. »

Politiquement, cette crise donne de nouveaux arguments aux adversaires traditionnels du capitalisme. « J'ai en effet entendu certains gauchistes se réjouir de ce qui arrive, réagit le chanteur. C'est absurde, car tout le monde est dans le pétrin. Cela dit, on a vu, une fois de plus, la réalisation de la vieille formule selon laquelle certains (nantis) privatisent les profits et mutualisent les pertes… Et je trouve cela scandaleux. De même, heureusement qu'on n'a pas succombé aux “retraites par capitalisations” (un stock de capital est prélevé sur les salaires des travailleurs et confié à des fonds de pension, qui les placent principalement en obligations et en actions, afin de financer les retraites de ces mêmes travailleurs, NDLR) et autres produits que certains ont essayé de nous vendre ces dernières années. Si je peux donc être d'accord avec certaines analyses de l'extrême gauche, au-delà, leur discours conduit à des impasses. Je reste capitaliste, mais capitaliste de gauche. L'extrême gauche a longtemps reproché à la gauche réformiste d'accompagner le marché… C'est exactement cela qu'elle doit faire. Il faut en revenir à des règles. Le marché “autorégulé”, ça ne marche pas, on l'a vu. »

La moralité de ce discours pourrait être : « N'acceptez pas pour argent comptant tout ce qu'on vous dit. » Bénabar pourrait-il composer une chanson au message aussi explicite ? « Franchement non, répond l'intéressé, après une fraction de seconde d'hésitation. Je me méfie des gens qui délivrent des messages… »

Au cours de cette crise financière, le président français Nicolas Sarkozy s'est signalé par quelques mâles interventions, exigeant des changements à la tête de Dexia (dans le capital duquel la France est entrée), ou la fin du régime des « parachutes dorés », ces indemnités plantureuses accordées aux grands patrons qu'on veut virer.

« Sarkozy veut moraliser le capitalisme ; tant mieux, sourit notre invité. Cela dit, quand on sait qui sont ses amis et qu'on se souvient de ce qu'il disait il y a peu… Il surfe sur une vague. Pour moi, il est plus un homme politique qu'un président. Par rapport à ses déclarations, je ne suis pas de ceux qui réclament des têtes dans une sorte de grande cérémonie laïque, au cours de laquelle on se purifierait avec le sang des sacrifiés… Ce qui s'est passé est humain. Car tout le monde spécule – si j'ai un appartement à vendre, j'attendrai que le marché de l'immobilier soit au plus haut… Mais attention, cela ne veut pas dire que rien ne doit changer. Il ne faudrait pas qu'on éteigne l'incendie, que tout le monde paye les pots cassés… et qu'ensuite tout reparte comme avant ! Quand on entend certaines déclarations – comme celles d'Alain Minc, par exemple – on peut nourrir quelques craintes à ce propos. »


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annie


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MessagePosté le: Lun 13 Oct - 11:48 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

MIDI LIBRE (France) 13 10 08

La revanche de Bénabar "Infréquentable", CD 12 titres, distr. Sony/BMG.

Il n'en demandait pas tant, le Bruno. Un métier fait avec sérieux, une conviction qui reste juvénile, un public qui lui fait la fête, un répertoire sur une ligne claire qui prend le quotidien en compassion rigolarde. Une vie d'artiste plutôt épanouissante, même si les tournées ne permettent pas de rentrer à la maison aussi souvent qu'on voudrait pour voir le gamin grandir. Une pratique honnête d'auteur véritable qui chante des choses qui lui ressemblent. Ni pour changer le monde ni pour endormir le peuple. Juste pour chanter.

Et puis, patatras, sans qu'il le voit venir, il devient la cible privilégiée (de qui ? De quoi ? Pour quels intérêts ?), l'homme à abattre, l'incarnation maudite de la "beaufitude" absolue. Un décret invisible avec des insultes par interviews interposées, attaqué de toutes parts, comme si ce pauvre Bénabar, coupable de vendre des disques avec des chansons que tout le monde peut comprendre, était à lui tout seul la synthèse de tout ce que notre tradition populaire a produit de plus vulgaire, de plus moche, de plus démago. Une curiosité ce statut. Une nouveauté même. Mais qui, visiblement, si l'on prend la peine d'écouter attentivement le nouvel album du vieux trentenaire enthousiaste - « un sniper, un rapace... » - moqueur, flingueur, pratiquant l'autodérision, écolo ou « infréquentable », ne sera pas vraiment de nature à le déstabiliser. Juste un mauvais tacle, à oublier donc.

Douze chansons bien pleines, richement interprétées, qui donneront du bon grain à moudre sur scène, avec du cuivre, des claviers, des cordes, bref une garde-robe orchestrale qui ne se refuse pas grand-chose. Et puis, comme d'habitude, des personnages, des situations ou des commentaires. Sur l'état du monde ou le voisin d'à côté. Une poésie tendre de l'ordinaire. C'est peut-être bien cela qui dérange... L'Effet papillon, single qui ne s'interdit pas quelque facilité, est un catalogue amusant illustrant l'expression. Avec, au passage, une pierre dans le jardin du sexe opposé : « Avec la baleine, on fabrique du rouge à lèvres, des crèmes pour les filles, quand on achète ces cosmétiques, c'est au harpon qu'on se maquille... ». C'est Brigitte Bardot qui va être contente.

A la campagne où à peu près tout, comme les maisons du même nom, est finalement secondaire, c'est une fois encore le citadin épinglé. C'est drôle, c'est gourmand dans la petite trouvaille. Et on pourrait ainsi aborder ces douze chansons qui fleurent bon l'artisanat moitié savant moitié branleur. Et qui ont toutes leur place, même si, sur l'étagère, dans l'ordre alphabétique, Bénabar est peut-être un peu trop serré contre Benjamin Biolay...


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Stéphanie


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MessagePosté le: Lun 13 Oct - 13:50 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

un Bénabar vraiment fréquentable ''Editions de l'Avenir'' 13/10/2008
http://www.actu24.be/article/mag/musique/un_benabar_vraiment_frequentable/2…


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annie


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MessagePosté le: Lun 13 Oct - 14:21 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

20 minutes (France)

« J'ai vraiment fait la guerre à mes habitudes »


Alain Jocard AFP/Archives ¦ Benabar se produit sur scène, le 24 avril 2004 à Bourges

Cet album est plus sombre...

J'en suis le premier surpris. Certaines chansons étaient parties pour être rigolotes et ont mal tourné.

Pourquoi Infréquentable ?

Je trouvais le mot marrant et assez efficace. C'est toujours utile de prendre du recul, mais en restant un chanteur, c'est-à-dire avec tout l'ego qui va avec.

Sur L'Effet papillon, vous aviez envie de tirer la sonnette d'alarme ?

Non, je n'ai pas cette prétention. En plus, je ne fais qu'enfoncer des portes ouvertes. Ce qui m'intéressait, c'était de revenir à la responsabilité qu'on a tous. Et je trouvais captivant de partir de quelque chose de très large (la banquise, les flux financiers...) et de redescendre vers le particulier. Une sorte de travelling avant, alors qu'en général, j'utilise le procédé inverse.

Vous avez mis le piano en sourdine...

Habituellement, je compose au piano et un peu à la guitare, même si je suis encore plus nul qu'au piano ! Cette fois, on a fait les maquettes à la guitare. J'ai des habitudes. Quand on est indulgent on appelle ça du style, mais c'est une forme de paresse. Je me suis vraiment fait la guerre là-dessus. Dès que je voyais que c'était un peu trop « du Bénabar », j'essayais de changer.

Pour la tournée, qui auriez-vous envie d'inviter sur scène ?

Des chanteurs, de Bashung à Renaud, et puis les copains : Cali, La Grande Sophie... Les reprises m'excitent peu, mais inviter des gens sur scène, c'est un vrai cadeau pour le public.

Vous vous lancez dans le cinéma dans le film Incognito, d'Eric Lavaine. Pourquoi ?

Je connaissais le réalisateur, l'histoire me plaisait beaucoup. Et l'occasion fait le larron. Cela va être une comédie assez tendre sur l'amitié, un thème très présent dans mes chansons. C'était passionnant de jouer, ça m'a beaucoup remué.

Le métier d'acteur pourrait-il vous détourner de la musique ?

Je n'imagine pas ne plus faire de chanson. Mais j'imagine très bien que les gens n'aient plus envie de les entendre.

Recueilli par Oihana Gabriel - ©2008 20 minutes


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MessagePosté le: Lun 13 Oct - 15:50 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

Pure People - 13 10 08

Quand Bénabar devient 'infréquentable'… on adore !

Après un peu plus d'un an de retrait sabbatique, Bruno Nicolini a laissé ses petites habitudes anonymes, sa boulangerie de quartier, sa femme, leur fils Manolo, et repris la route, la gouaille en bandoulière.

Bénabar, puisque c'est ainsi qu'il faut l'appeler à présent qu'il a décidé de présenter son nouvel album (le cinquième en incluant l'artisanal La P'tite Monnaie paru en 1998 sous le nom de Bénabar et Associés). Contrairement à ce fameux Dîner qu'il boudait et qui a été tellement plébiscité, il ne s'en fout pas, il ne se cache pas sous les draps, et il y va : ce nouvel opus, Infréquentable, en poche, il a imposé avec un volontarisme réjouissant à sa maison de disques (Sony) une tournée de présentation. "Ce n'est pas une façon de jouer la proximité, clarifie-t-il dans les colonnes du Parisien, qui l'a suivi dans son périple à Strasbourg puis à Lille. Je ne suis pas là pour acheter les suffrages du public."

Une campagne sans ambages qui chouchoute les médias locaux, et n'est pas sans rappeler les efforts des débuts : une période de pur artisanat menée par Marion Richeux, une fan de la première heure devenue son fidèle manager à force de persévérance. Treize ans que ce tandem fonctionne. A la base, Marion a "pris une claque" en le découvrant dans un café : "Je me suis dit : on est cent à le connaître aujourd'hui. Dans quelques années, il n'y aura plus que cent personnes qui ne le connaîtront pas". Un franc-parler qui ne surprendra personne. Pour mieux comprendre ce tandem de choc il faut avoir vu Marion dans les coulisses au Zénith ou en province, où encore au show-case donné rue de Lappe à Paris devant 300 personnes en 2005 pour Reprise des négociations... c'est fusionnel !

Pourtant, Bénabar, qui tournait alors avec son pote Patchol (qui est l'auteur de son pseudo), a mis du temps à saisir la perche : "Il s'en foutait, se souvient Marion. Bruno ne donne pas son amitié de prime abord. Il peut rester dans la sympathie de surface. A l'époque, je bossais dans un petit label, j'ai commencé à travailler de mon côté, dans son dos". Une judicieuse initiative, qui permet à l'artiste, à la faveur des médias locaux notamment, de parcourir la France avec la salvatrice fantaisie qu'on lui sait. La suite, on la connaît tout aussi bien : l'album éponyme Bénabar, en 2001, fait sensation, porté par le titre Bon Anniversaire. Un "vrai" premier album rendu possible grâce… au système D, une fois de plus : "on a demandé à des amis de mettre chacun 10 000 F pour autoproduire le disque, se remémore la manageuse de choc. On s'est retrouvé avec 350 000 F".

Sorti en 2003, Les Risques du métier s'écoule à quelque 750 000 exemplaires, et Reprise des négociations (2005) est propulsé par le single Le Dîner jusqu'à atteindre 1,3 million d'unités vendues.

Après une tournée triomphale et des débuts au cinéma (dans Incognito [sortie à l'été 2009] — un titre qui lui colle à la peau — d'Eric Lavaine, rencontré sur le tournage de la série H dont Bénabar était scénariste), Bénabar devient donc Infréquentable, à partir du 13 octobre (dans les bacs).

Un opus à la musicalité et l'instrumentation plus élaborée que les précédents, et à la plume qui, tout en conservant cette légèreté dégingandée qui est la patte de l'artiste, se plaît à arpenter les sentiers battus. Autre signature de l'artiste, la délicate amertume et le charme suranné qui parcourt les chansons de Bénabar (qui, avec Reprise des négociations, se voyait "défendre une variété qui parle à plein de gens, entre Souchon et Joe Dassin, [pour] ne pas s'enfermer dans une chanson française sclérosée") reste bien présente, comme en atteste le premier single, L'Effet papillon : un titre qui, d'un battement d'ailes, vole d'anecdotes du quotidien toujours bien croquées en considérations sur l'état de la planète. "Je défonce des portes ouvertes dans ce morceau, sur les plans sociaux, la fonte des glaces, commente l'intéressé. Je voulais faire une chanson entonnoir avec en toile de fond le thème de la responsabilité. Je ne suis pas du tout engagé. J'ai juste des opinions." A découvrir en cliquant ici, et d'autres extraits de l'album ici.

Comme le résume fort élégamment Ludovic Perrin pour Libération, "le principe maison de deux traits de drôlerie pour une pointe de mélancolie se voit là inversé. On appelle cela comme on veut, ce jeu des contrastes, l'élégance de ne pas trop faire état de ses inquiétudes tout en les disant".

Ce Bénabar est décidément un garçon plus que fréquentable.

Guillaume Joffroy


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MessagePosté le: Lun 13 Oct - 16:43 (2008)    Sujet du message: Articles/critiques de presse - Infréquentable Répondre en citant

Le Journal du Dimanche

Bénabar bouscule ses habitudes
Par Eric MANDEL

Bénabar livre ce lundi son dernier opus, Infréquentable. Le chanteur trentenaire approche maintenant de la quarantaine et s'est débarrassé d'une certaine fantaisie post-adolescente dans l'écriture et la musique, pour des textes contenant plus de gravité. Celui qui a toujours eu peur de se prendre au sérieux refuse toutefois de parler d'album de la maturité.


Bénabar s'est imposé comme une pointure de la chanson française. (Maxppp)

Et s'il avait livré l'album tant redouté? Le fameux "disque de la maturité"? Depuis son deuxième opus solo (Les Risques du métier, 2003), Bénabar répétait à l'envi cette appréhension de "l'album adulte". Aujourd'hui "Le petit trentenaire" (tube tiré de son premier album) approche de la quarantaine et il s'impose comme un poids lourd de la chanson française. Son précédent album, Reprise des négociations, a culminé à plus 1,5 million d'exemplaires (un exploit en ces temps de crise du disque) et il peut se targuer d'avoir rempli Bercy en clôture d'une tournée hexagonale triomphale. "Les choses sont moins tranchées, plus diffuses, corrige Bénabar, sourire en coin, dont le répertoire a toujours oscillé habilement entre légèreté et gravité. Je ne me suis pas réveillé un matin en me disant: 'ça y est, je suis mûr, finie la déconnade.' On trouvera dans cet album des évolutions notables. Mais je pense avoir évité tout le côté déprimant de la maturité".

"Moins peur du premier degré"

Bénabar, qui aime à se définir comme "un dépressif de bonne humeur", n'a effectivement pas renoncé à son sens de l'humour, forgé comme auteur chez Canal pour la série H. Au fil de l'album, on le suit secourir et secouer un ami dépressif dans une chanson drôle à pleurer, comme en écho au Jef de Brel. On le voit camper un type maladivement jaloux d'une infidélité supposée de son meilleur ami (T'étais où). Et livrer une satire savoureuse des clichés du citadin parti se mettre au vert (A la campagne). Mais le recours au ressort comique se fait moins systématique, notamment pour aborder des thèmes lourds comme les questionnements sur le sens de la vie (Malgré tout), la fuite du temps (Les Reflets verts). Si ces chansons ne montrent pas un Bénabar au sommet de son inspiration, elles témoignent d'une volonté louable de bousculer ses habitudes. "Je devais faire gaffe à ne pas trop 'faire du Bénabar'. Par le passé, j'aurais peut-être désamorcé le sérieux par une vanne au milieu, aujourd'hui j'ai un peu moins peur du premier degré."

L'année prochaine au cinéma au côté de Franck Dubosc

En revanche, Bénabar impressionne avec Voir sans être vu, le portrait en ellipses pudique d'un homme désespéré au point de se défenestrer. Une évolution notable dans l'écriture, plus épurée. Comme dans la musique, moins chanson française de bastringue, plus élaborée et pop. "Je voulais faire un disque à l'anglo-saxonne, avec des guitares et des cordes, surprendre avec un son un peu différent, bref, changer le papier peint." Volonté aussi de sortir de la facilité et de son penchant - souligné par Souchon - à abuser des anatole, ces suites d'accords basiques et archiconnues de la profession.

"Une critique bienveillante", assure Bénabar. L'album se termine en beauté avec la chanson-titre, Infréquentable... Déclaration fielleuse d'un prétendant aigri et malveillant. "J'aime ce contre-pied, détourner les codes de la chanson d'amour salvatrice pour explorer les sentiments les plus bas. Et puis endosser un rôle ingrat me plaît, avec cette idée que les défauts sont touchants." On le retrouvera l'année prochaine au cinéma, dans Incognito d'Eric Lavaine, aux côtés de Franck Dubosc, dans la peau d'un... chanteur sans génie, devenu une star en usurpant les chansons d'un ami disparu (incarné par Jocelyn Quivrin). Pour le coup, un vrai rôle de composition.


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